C’est en effet l’estimation des capitaux nécessaires pour investir dans les technologies qui devraient permettre à l’Union européenne de ramener à 83% le niveau de ses émissions de CO2, par rapport à l’année de référence 1990. L’Union Européenne s’est engagée sur une baisse de 20%, au minimum, de ses émissions d’ici 2020. Les 3% qui manquent, selon les auteurs, devraient être couverts par un comportement plus économe des entreprises et des populations.
Certains éprouvent des difficultés à concevoir ce que représente un millier de milliards, ou un trillion! Trois trillions, cela représente 115% du PIB de la France, plus de huit fois la réserve d’or de la zone euro, le coût de trois cent millions de petites voitures ou de 20 millions de pavillons, 6000 euros par habitant de l’Union européenne. Trois trillions à investir de 2011 à 2020, soit 300 milliards d’euros chaque année, représentent 2,4 % du PIB européen. C’est deux fois et demie plus que ce que le rapport Stern estimait nécessaire pour limiter la hausse de température du globe à des niveaux supportables.
Investir 2,4% du PIB justifie qu’on s’interroge sur l’opportunité de la dépense, sur les bénéfices qu’on peut en attendre, sur les risques qu’elle présente, que l’on compare l’investissement à ceux qu’exigent d’autres projets nécessaires ou utiles, que l’on vérifie enfin qu’on aura les moyens de payer la facture. L’étude Accenture-Barclays peut nous aider à ces examens.
Le développement aura besoin de 600 milliards d’euros de capital, et l’exploitation de 2300 milliards d’euros.
Coûts non intégrés, retours sur investissement discutables
L’étude a écarté l’énergie nucléaire de son panel de technologies. Le financement de nouvelles centrales nucléaires viendra donc s’ajouter à ces besoins de capital. Il n’est pas question non plus d’énergie hydraulique. Les rapporteurs n’ont pas considéré non plus la séquestration du carbone, que plusieurs gouvernements européens souhaitent promouvoir, et qui exige des investissements considérables. Il est possible qu’ils aient manqué d’éléments pour évaluer ce secteur de développement.
Coûts non intégrés, retours sur investissement discutables
L’étude a écarté l’énergie nucléaire de son panel de technologies. Le financement de nouvelles centrales nucléaires viendra donc s’ajouter à ces besoins de capital. Il n’est pas question non plus d’énergie hydraulique. Les rapporteurs n’ont pas considéré non plus la séquestration du carbone, que plusieurs gouvernements européens souhaitent promouvoir, et qui exige des investissements considérables. Il est possible qu’ils aient manqué d’éléments pour évaluer ce secteur de développement.
Le financement : grandes difficultés, mais belles promesses pour les banques
La partie la plus riche du rapport concerne l’ingénierie financière liée aux technologies à faible intensité carbone. Les auteurs, d’abord, font part de leur perplexité, pour ne pas dire de leurs inquiétudes. Les difficultés découlent d’abord de l’importance des sommes requises : le marché des capitaux est il capable de répondre aux besoins ? La crise économique a réduit la masse disponible de capital, qu’il s’agisse d’autofinancement ou de possibilités d’appel aux banques et au marché des capitaux. La crise financière de 2008 et le renforcement des réglementations (Tier_1, Bâle III) diminuent les disponibilités des banques et leur impose une prudence accrue.
La partie la plus riche du rapport concerne l’ingénierie financière liée aux technologies à faible intensité carbone. Les auteurs, d’abord, font part de leur perplexité, pour ne pas dire de leurs inquiétudes. Les difficultés découlent d’abord de l’importance des sommes requises : le marché des capitaux est il capable de répondre aux besoins ? La crise économique a réduit la masse disponible de capital, qu’il s’agisse d’autofinancement ou de possibilités d’appel aux banques et au marché des capitaux. La crise financière de 2008 et le renforcement des réglementations (Tier_1, Bâle III) diminuent les disponibilités des banques et leur impose une prudence accrue.
Les solutions proposées par le rapport
Face à ces constats, on pourrait recommander la plus grande prudence dans le recours massif à ces technologies peu sures. Ce n’est pas la position prise par les rapporteurs. Pour limiter ou même supprimer les obstacles, ils proposent deux voies stratégiques :
Face à ces constats, on pourrait recommander la plus grande prudence dans le recours massif à ces technologies peu sures. Ce n’est pas la position prise par les rapporteurs. Pour limiter ou même supprimer les obstacles, ils proposent deux voies stratégiques :
- Les pouvoirs publics sont invités à accroitre et pérenniser leur soutien aux technologies à faible intensité carbone sous forme d’aides financières et de réglementations protectrices
- La titrisation est la solution financière qui peut drainer des masses de capitaux et permettre de générer des flux financiers actuellement insuffisants.
- Aux banques les capitaux, aux pouvoirs publics la prise de risques !
